IVR41_20218810308NUC4A
Achevée   1993 - 2022

Architecture rurale des Hautes-Vosges

Période Du 16e au 18e siècle 1500-1648 1649-1789 Du 19e au 21e siècle 1789-1815
Tout voir
1816-1870 1871-1913 1914-1949 1950-nos jours
Patrimoine Rural
Thématique Patrimoine de l’eau Territoire rural
Localisation GRAND EST 88

Partie est du département des Vosges qui inclut l’ensemble des crêtes du massif et son piémont, constituée de 13 cantons historiques et de 135 communes.

Présentation de l’étude

Propriétés intellectuelles

© Région Grand Est – Inventaire général

La présence agricole est attestée en Déodatie au second âge du fer (2e siècle avant notre ère) et à l’époque gallo-romaine. Les vagues de christianisation successives à partir du 7e siècle suscitèrent un développement du secteur avec l’implantation des abbayes bénédictines. Quel que soit leur statut, les abbayes étaient propriétaires des terres avoisinantes qui furent défrichées. Une première vague de défrichage voit apparaître des « granges » au milieu de prairies de fauche gagnées sur la forêt. C’est à la fin du 16e siècle que commença la seconde vague d’acensement qui s’étendit jusqu’au début du 18e siècle et marqua le paysage de ses enclaves dans la forêt. Ceci explique un habitat rural particulièrement dispersé dans la zone montagneuse du département des Vosges et une pratique agraire individuelle contrastant fortement avec les usages communautaires attestés ailleurs en Lorraine. Un pourcentage assez significatif du bâti rural peut être daté du 18e siècle avec un pic spécifique pour les années 1720. L’essor démographique se marqua par la construction de fermes à double logis en profondeur ou par l’agrandissement de logis anciens par excroissance… L’activité pastorale constituait, et constitue toujours, un volet essentiel de l’activité agricole des Hautes-Vosges, mais la pluriactivité est importante d’où la présence d’un atelier dans les fermes. Au 19e siècle, le paysan pluriactif est ouvrier textile. De grosses fermes virent alors une partie de l’espace occupé par le fenil remplacée par des logis d’ouvriers, construits en maçonnerie entre les « hommes debout » de la charpente. Les deux guerres mondiales touchèrent durement les Hautes-Vosges. Les campagnes de reconstruction qui les suivirent furent parfois l’occasion d’une modernisation. Si les distributions intérieures et les grandes caractéristiques usuelles de l’architecture rurale de la Montagne restèrent quasi intangibles, les principales innovations résidèrent dans l’emploi de matériaux nouveaux : briques silico-calcaires, poutrelles métalliques, béton puis parpaings… C’est seulement à partir de 1952 que les architectes proposèrent de nouveaux partis de plans qui abandonnaient les traditionnelles travées de plan.

La première phase de l’opération « architecture rurale de la montagne vosgienne » a été menée de 1993 à 1998 avec la participation financière du département des Vosges. Elle concerna 11 cantons limitrophes de la Franche-Comté et de l’Alsace, soit 109 communes. Le corpus de plus de 1700 fermes repérées a donné lieu à une sélection de 239 édifices dont les notices sont versées dans la base Mérimée depuis 2004.

Une seconde phase s’ouvre en 2006 et se décline en approches topo-thématiques : « les marcairies » habitat d’estive, en 2010 et 2011, la petite industrie hydraulique et 2012 et 2014 les reconstructions après les deux guerres mondiales. Quelques villages ont donné lieu à une étude monographique : Ban-de-Sapt et Vexaincourt pour la 1ère guerre et Corcieux pour la 2nde. L’ensemble des notices a été versé dans les bases Mérimée et Palissy.

Une ultime phase débute en 2016 avec un cadre d’étude amendé, la limite chronologique de construction des bâtiments est repoussée aux limites couramment admises dans les études d’Inventaire c’est-à-dire 30 ans avant l’étude. Deux cantons sont ajoutés : celui de Raon-l’Etape afin d’assurer une intégrité territoriale à la zone d’étude qui couvre désormais la totalité des crêtes du massif au sein du département des Vosges et celui de Brouvelieures qui bien qu’appartenant au piémont assure la continuité du contact avec la plaine vosgienne. L’aire est désormais constituée de 13 cantons historiques et de 135 communes. L’habitat rural de ces deux cantons, étudié entre 2016 et 2018, a été saisi et diffusé sur « Gertrude », puis dans les bases nationales. La synthèse de l’étude qui compte désormais 2036 fermes et 56 annexes est en cours et fera l’objet d’une publication courant 2022.